Conseil de lecture #10

 

Conseil de lecture
#10

 

Le mois de décembre et de début janvier n’a jamais (ou presque) été aussi froid ! Et pour mieux hiberner, rien de tel que quelques bons livres comme un doudou réconfortant, en sus d’un feu de cheminée et d’un bon chocolat chaud (et d’un plaid, et d’un chien qui ronfle non loin, etc.).

Notre Conseil s’est donc donné rendez-vous pour échanger sur les ouvrages que nous avons souhaité vous soumettre. Nous espérons qu’ils vous plairont comme ils nous ont plu, mais surtout que vous y irez les découvrir et les acquérir chez les belles librairies qui habitent vos quartiers.

 


À LA DCOUVERTE DU PARIS NOIR

éditions Faces Cachées

Guide

Après avoir grandement apprécié il y a plus de vingt ans les beaux-livres Paris Noir, Paris Arabe, et Paris d’Asie, avec notamment Pascal Blanchard comme fil conducteur, il était temps de se remettre à la page d’une autre manière, via les grandes figures noires venues d’Afrique, de la Caraïbe et des États-Unis ayant vécu dans la Ville lumière. Noir/Lumière, le contraste des mots est saisissant comme le furent les personnalités présentées ici, de Joséphine Baker à Frantz Fanon, en passant par Paulette Nardal ou évidemment Lamine Senghor. Ce livre nous rappelle que l’on n’échappe pas à son histoire (pour les Afrodescendants) et que l’on se doit de la regarder droit dans les yeux (pour les autres) afin de mieux la comprendre, l’apprécier et la partager. L’auteur organise également des balades découvertes sur les lieux marquants de la Rive Gauche ou de la Rive Droite, ce qui complètent parfaitement son ouvrage dont la plongée en ses pages vous assurera des heures passionnantes !


LA FEMME DE GANGNAM

Decrescendo éditeurs

 Roman –

Véritable « thriller social », ce roman captive par son élégance trompeuse et son intrigue hitchcockienne. Lee Hong y dresse le portrait fascinant d’Oh Mina, une icône de réussite dont la vie parfaite à Séoul dissimule une noirceur insoupçonnée. Il y a là une finesse psychologique qui, sous couvert d’un suspense haletant, livre une critique acerbe d’une société coréenne obsédée par le paraître, la consommation et la réussite scolaire. À mesure que le passé trouble de l’héroïne remonte à la surface, le récit devient de plus en plus troublant, explorant avec brio les failles du capitalisme moderne. Le résultat est une œuvre profonde et habitée qui réussit le tour de force de mêler drame intime et satire sociétale avec une originalité rare.


LA ROUTE

éditions Dargaud

– BD –

L’hiver ne semble plus avoir de secrets pour Jean-Marc Rochette. L’auteur-dessinateur délaisse un temps la bande dessinée pour une prose brute et habitée, offrant une méditation profonde sur son lien viscéral avec la haute montagne. Une écriture “organique” où l’on ressent physiquement le froid des Écrins et la rudesse de la vie en altitude. Le co-créateur du Transperceneige y explore avec une grande honnêteté son isolement volontaire dans le vallon du Vénéon, transformant son expérience de montagnard et d’artiste en une quête spirituelle et écologique. Entre émerveillement devant la beauté sauvage et conscience aiguë de la fragilité de la nature face au réchauffement climatique, l’auteur livre un témoignage d’une sincérité désarmante. C’est un cri du cœur, à la fois sombre et lumineux, qui s’impose comme une œuvre majeure sur la solitude choisie et la réconciliation avec les éléments. Attention néanmoins au retour à la civilisation, à l’asphalte et aux soldes (oui, nous sommes en janvier !), plus dur sera la chute !


THE TASTE OF AUBRAC

éditions Phaïdon

– Beau-livre –

Plus qu’un simple recueil de recettes, ce « très » beau-livre (marque de fabrique de Phaïdon) résonne comme une véritable « lettre d’amour » au terroir aveyronnais. La photographie — à la fois brute et poétique — capture magistralement l’austère beauté des plateaux de l’Aubrac au fil des saisons. Sébastien Bras y dévoile avec une grande générosité quarante recettes emblématiques, du mythique Gargouillou aux créations plus personnelles comme la gaufrette de pomme de terre (miam miam !), tout en partageant des anecdotes intimes sur la transmission familiale. Le pari n’était guère aisé à la vue du sujet de niche (les régions, les localités via leur spécialités gastronomiques sont parfois de fausse bonne idées d’édition, tant aujourd’hui les blogs de voyage, les vidéos remplissent déjà les besoins de découverte d’un large public) et pourtant il est réussit : une quête d’épure, un respect sacré du végétal et une connexion viscérale à la nature. C’est un voyage immersif, sensoriel et profondément humain, pour tout passionné de haute gastronomie et de grands espaces.

 

Bonne lecture !

 
 

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